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Souvent, toujours même, les ateliers d'iconographie sont placés sous le regard d'un saint tutélaire. Beaucoup choisissent Saint Luc dont la tradition dit qu'il est le patron des iconographes.
Mais quel était le Saint qui guidait Saint Luc? C'était un ange! Saint Luc est représenté sur certaines icônes avec un ange derrière lui ; il est alors en train de réaliser l'icône de Marie avec l'enfant Jésus, Marie portant l'enfant se tenant debout et posant. L'ange semble lui indiquer ce qu'il doit peindre et comment le faire.

Lorsque j'ai commencé à réaliser des icônes, je n'imaginais pas qu'un jour des ami.e.s me demanderaient de leur transmettre la technique pour le faire. Aussi je ne m'étais jamais préoccupée d'un nom pour mon atelier.
J'avais inscrit la transmission de l'art de l'icône au sein de mon atelier Graines de Rêve, comme une des activités que je proposais à côté d'ateliers de créativité, de réalisation de mandalas. Et il se trouve que cette activité là est celle qui a fait démarrer l'atelier Graines de Rêve.
Mais Graines de Rêve n'est pas le nom d'un Saint...même si, dans mon esprit semer des Graines de Rêve c'est participer à la conception d'un monde différent, le Monde Nouveau dont parle l'Ange des Dialogues avec l'Ange.

Aussi, suis-je devant le questionnement suivant : quel saint pour veiller sur ces apprentissages, pour vérifier que ma transmission est juste et fidèle au message profond des Écritures ?

En creusant en moi pour entendre la réponse, je me suis souvenue d'un jour de 2008, ou plutôt une nuit où j'assistai, en songe, à une procession ; j'étais sur le côté et je regardais. Les participants à la procession chantaient, et je connaissais ce chant. Le refrain en était « nous sommes les hérauts de Sa Gloire » et au milieu de la procession, un homme me regarda, vêtu d'une soutane noire, je reconnus, pour l'avoir vu en photo, le visage de Saint Jean de San Francisco, qui, alors évêque, accepta de bénir évêque celui qui allait devenir l' Évêque Jean de Saint Denis ; l'homme à qui Sainte Radegonde confia le soin de restaurer le rite des Gaules, rite pratiqué en Gaule avant que le schisme ne vienne séparer l'Église en deux. Église d'Orient, catholique orthodoxe et Église d'Occident, catholique romaine sous l'autorité du Pape.

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Je rentrai alors, dans mon rêve, dans la procession en chantant avec les autres.

J'étais alors en train de réaliser l'icône de Saint Jean de San Francisco et je m'interrogeai sur le texte que je pouvais inscrire sur le parchemin que j'avais placé entre les mains du Saint.
J'allai alors trouver mon Évêque pour lui demander conseil.
Après lui avoir livré mon rêve songe, il me posa quelques questions, puis me dit « tu peux écrire la phrase que tu as entendue, c'est lui qui guide ta main » ; ce que je fis.
Faisant des recherches ultérieurement, je découvris le sens du texte qui figurait sur l'icône américaine que j'avais copiée portait un texte en anglais, que je n'avais pas déchiffré alors ; le texte anglais peu lisible disait ceci «  Their sounds has gone forth unto all the ends of the earth and their words unto the end of the world ». Soit : «  Leur renommée s'est répandue jusqu'aux extrémités de la terre et leurs paroles aux confins de l'univers » Ps 19,4 ; cf Rm 10,18. C'était bel et bien le sens de la phrase que j'avais entendue en songe et en français.

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Et puis, le temps a passé. C'était ma deuxième icône, depuis j'en ai réalisé  des dizaines d'autres jusqu'à ce jour.

Il me semble alors naturel de remettre mon atelier sous la protection de ce Saint contemporain mort -né au Ciel disent les orthodoxes- en 1966, le 19 juin, puisqu'il est venu me visiter.

Ce Saint a pour particularité d'avoir conservé par delà la mort un corps incorruptible ainsi qu'en attestent ceux qui ont assisté à l'ouverture de son tombeau :

« Les participants à cette cérémonie, qui s'y étaient préparés par le jeûne et la prière, étaient l'Archevêque Antony de San Francisco, l'Archevêque Laure de Syracuse, l'Evêque Cyrille de Seattle, sept prêtres, trois diacres, un lecteur et un laïc. Parmi les prêtres qui participaient se trouvait en particulier le hiéromoine Pierre (Loukianov) qui passa sa jeunesse auprès de l'Archevêque Jean. Après qu'ils eurent prié dans la crypte, le hiéromoine Pierre tenta d'ouvrir la serrure du cercueil avec la clé qu'il avait conservée mais l'état rouillé de la serrure ne le permit pas.
Pendant qu'on cherchait des outils, l'Archevêque Antony se mit à chanter "Ouvre nous les portes de la miséricorde", et les gonds du tombeau cédèrent en l'ouvrant. Avant que l'Archevêque Laure enlevât le voile de sa face, l'Archevêque Antony lut le Psaume 50.
Les restes de l'Archevêque Jean apparurent, incorrompus, sa figure et ses mains montrant une couleur d'une totale blancheur tandis que ses pieds montraient une couleur sombre, ce qui tient sans doute au fait que l'Archevêque Jean de son vivant portait seulement des sandales toute l'année et la plupart du temps sans chaussettes. La figure de Vladika avait quelque peu changé par rapport à celle qu'avaient connue ses proches ou par rapport aux photoqraphies. Son nez s'est aminci. Si le cercueil métallique a rouillé, la mantia qui le recouvrait est restée intouchée. Ses vêtements liturgiques et l'Evangile étaient couverts de moisissure, l'icône métallique sur sa poitrine rongée par la rouille, mais son bâton pastoral et la prière d'absolution sur papier intacts. Du tombeau sortait une forte odeur de rouille et de moisissure mais les restes eux-mêmes ne sentaient rien. Quelques célébrants ont soulevé les restes de l'Archevêque Jean pour pouvoir les transférer dans un nouveau cercueil monastique spécialement préparé.
A ce moment il devint clair que les restes de l'Archevêque Jean étaient complètement intacts. Ensuite les reliques, placées dans ce cercueil neuf scellé du sceau de l'éparchie, furent portés à nouveau dans le tombeau original pour reposer là jusqu'à la glorification solennelle du nouveau saint de Dieu le 2 juillet 1994, jour anniversaire de son repos (en1966). Ceux qui ont pris part à l'examen des reliques ont témoigné avoir ressenti une joie quasi pascale. »

http://religion-orthodoxe.eu/article-saint-jean-de-shanghai-et-de-san-francisco-maximovitch-53389769.html

Cette incorruptibilité reste un mystère pour la science mais parle au cœur de ceux qui croient que la matière n'est pas seulement matière et qu'elle a vocation à se transformer en une autre nature, la Matière Lumière dont parlent les Dialogues avec l'Ange, qui n'est autre que le corps de Gloire du Ressuscité.
Une vision bien éloignée de cette haine du corps que l'Eglise a longtemps véhiculé et continue à la faire dans un discours moralisateur qui a fait fuir tant de personnes.